Bassiste, contrebassiste et compositeur; Gautier Laurent est titulaire du Diplôme d’Etat de Jazz. Il se produit depuis 1990 avec ses propres groupes, tout en devenant un accompagnateur recherché. Ainsi, il multiplie les tournées et les sessions d’enregistrement. Pour exemple, à compter de 2002 il se produit à travers le monde avec le guitariste de jazz manouche Tchavolo Schmitt. Fin pédagogue, il est aussi Professeur Titulaire et Coordinateur du Département Jazz au sein des Conservatoires à Rayonnement Régional de Nancy et Metz. Les conférences proposées (ouvertes à tous les publics) à la Médiathèque de Munster sont, d’ores et déjà, à inscrire comme des moments forts de la manifestation.

14h00 : Conférence Jeunesse : La naissance d’un style musical emblématique : 

LE JAZZ 

Né entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, le jazz est le symbole de la musique du sud des États-Unis. Originaire de La Nouvelle-Orléans, il est tout d’abord joué par les Noirs américains qui viennent de vivre des siècles d’esclavage et de servitude et qui n’aspirent qu’à une chose : la liberté. Face à des difficultés d’embauche et à une ségrégation particulièrement forte, la musique apparaît comme un exutoire. Parcourant le pays à la recherche d’opportunités, les musiciens permettent alors au jazz de voyager et d’atteindre au fil des années 30 des villes comme New York ou Chicago.

17h00 : La France, le Jazz terre d’ accueil pour les Américains, son évolution: 

La France connaissait déjà le ragtime. Mais c’est en 1918, avec l’arrivée des Américains sur le front, qu’elle va vraiment faire connaissance avec cette musique. Pour soutenir le moral des troupes, l’orchestre du 369e régiment d’infanterie de l’armée des Etats-Unis, dirigé par James Reese Europe, va donner des concerts dans tout l’Hexagone. Le 1er janvier 1918. A cette occasion, son orchestre va jouer une Marseillaise au «rythme effréné». Une Marseillaise dans lequel «les soldats français auront du mal à reconnaître leur propre hymne national»

La formation est ensuite envoyée pour jouer dans toute la France, où elle fait connaître ce qu’on appelle le «jass». « Tout un art savant est en train de sortir de ces chansons »

Le jazz déconcerte et enthousiasme tout à la fois. Assistant (en 1919) à un concert au Casino de Paris, l’artiste-écrivain Jean Cocteau décrit un « ouragan de rythmes et de tambour » dans une salle applaudissant debout, «déracinée de sa mollesse par cet extraordinaire numéro qui est à la folie d’Offenbach ce que le tank peut être à une calèche de 70».

Un jour, dans un village du Nord, la formation de Europe et Sissl, surnommée les Hell Fighters, se met à jouer le refrain favori du colonel, Army Blues. Dans la foule «se trouvait une petite vieille d’environ soixante ans qui, à la surprise générale, se mit à esquisser sur notre musique un pas qui ressemblait tout à fait à notre danse Walking the Dog. J’eus alors la certitude que la musique américaine deviendrait un jour la musique du monde entier »